Journées nationales des Secteurs de Psychiatrie en Milieu Pénitentiaire (SPMP)

Retrouvez sur cette page les différentes informations sur les dernières journées nationales des SPMP.

 

27e journées (2020)

Les 27e Journées des Secteurs de Psychiatrie en Milieu Pénitentiaire à Cherbourg à la Cité de la Mer prévues du lundi 6 avril au mercredi 8 avril 2020 ont été annulées, car survenant pendant le pic de la pandémie de COVID-19.

26e journées (2018)

 "D'une rencontre à l'Autre"

L’équipe du pôle de psychiatrie en milieu pénitentiaire de Rennes, soutenue par l’ASPMP,  a l’honneur de vous  annoncer la tenue des 26e Journées nationales des Secteurs de Psychiatrie en Milieu Pénitentiaire, les lundi 5 et mardi 6 Novembre 2018.

POSTERS

Retour sur une expérience de groupe en milieu carcéral :

Le Photolangage, une médiation pour libérer la parole

Lucie Berbigier, psychologue, David Sevec, infirmier

SMPR-EPSM Caen

 

L’incitation au soin en milieu carcéral nous amène à rencontrer des patients aux profils carencés, présentant un fonctionnement psychique caractérisé par des mécanismes de défense archaïques; déni, projection, clivage, recours à l’agir… mais aussi parfois des difficultés de symbolisation, une incapacité dépressive, de l’alexithymie ainsi qu’un défaut d’altérité.

Ces éléments cliniques peuvent mettre à mal la prise en soin duelle, renvoyant potentiellement à une menace subjective, identitaire, sollicitant des défenses massives. Ils parasitent, attaquent le lien et ouvrent au risque majeur de non-instauration ou de rupture du suivi.

La méthode groupale Photolangage est un moyen d’optimiser le soin apporté dans ce lien à l’autre et à soi. Cette démarche se pense avec le patient, qui choisit de s’inscrire dans ce groupe en plus d’un espace thérapeutique individuel, offrant un étayage à ce dernier. La relance du processus associatif va alors s’établir, se penser/panser au travers d’un média et dans l’enceinte du groupe thérapeutique. Ces modalités de prise en charge permettent d’aménager, de diffracter la relation pour la rendre moins périlleuse.

Nous avons pu, après cinq années d’expérience, mettre en exergue la dynamique psychique de 21 patients, les limites rencontrées (temporalité carcérale, erreurs d’indication, etc.), et les nécessaires aménagements et réajustements de notre pratique au cours de ce temps clinique : groupe limité à 6 patients, durée d’1heure30, etc. Nous avons retracé de manière écrite leur évolution dans leur capacité d’interaction, de verbalisation du vécu émotionnel, en s’appuyant sur les mécanismes groupaux et associatifs. Les participants du groupe ont pu exprimer combien cet espace était sécurisant, constituant un « en dehors de la prison », où ils n’étaient plus soumis à certains codes relationnels.

Pour René Kaës, il s’agit de permettre par la photo, « une induction qui conduit de l’image à la parole ». Dans cette mise en mot, le patient crée sa place, une voie d’accueil aux affects et contribue à la réhistorisation d’éléments traumatogènes.

Le Photolangage® dans « un travail de et en groupe », autorise cet « être et être ensemble » par l’émergence de la subjectivité, la différenciation de l’autre, et l’appropriation de certains aspects de soi. En cela le patient accède à une forme d’autonomie et d’individuation.

 

L. Berbigier et D. Sevec. Le Photolangage, une médiation pour libérer la parole.
Poster photolangage.pdf
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Présentation du groupe « voix »

L. Biagini, Renaudin F, Frand C, Macouin F, Garnier G.

SMPR CHU Nantes et Institut de musicothérapie de Nantes

 

Le groupe « voix » est un groupe thérapeutique existant maintenant depuis plusieurs années sur le SMPR au centre de détention de Nantes, utilisant la voix comme médium malléable pour permettre un travail progressif de symbolisation aux personnes dont le fonctionnement est marqué par le recours à l’agir et des mécanismes de défense archaïques.

Nous souhaitons faire figurer sur ce document d’une part les aspects psychopathologiques auxquels le groupe tente de répondre, d’autre part le travail qui est fait dans le groupe, l’idée étant d’ouvrir la discussion sur les résultats cliniques observés auprès des patients.

L. Biagini, F. Renaudin, C. Frand, F. Macouin, G. Garnier. Groupe voix. Accueillir la clinique de l'archaïque au SMPR.
GROUPE VOIX-26-05-2020.pdf
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« Parenthèse »

Un groupe d’accueil et de soins à l’unité sanitaire de Brest

J. Sparfel, C. Rampi, L. Michel, J. Maguet

 

La maison d’arrêt de Brest compte environ 420 détenus. Notre équipe de psychiatrie est composée en équivalent temps plein de : 1,4 psychiatre, 1,8 infirmier et 1,3 psychologue. Nous accueillons les détenus en souffrance selon les modalités d’un CMP. La majorité des détenus qui bénéficient de soins psychiatriques sont ceux qui veulent et acceptent, mais surtout ceux qui peuvent se déplacer jusqu’à l’unité sanitaire. Mais qu’en est-il de ceux présentant une vulnérabilité qui les limite dans leurs déplacements? Comment accéder aux soins lorsque l’on n’ose pas sortir de sa cellule? Par ailleurs l’entretien individuel a ses limites dans la prise en charge des patients en difficulté dans l’élaboration. Les activités thérapeutiques peuvent être un recours à ces situations. Nous nous sommes intéressés à ces détenus qui présentent une fragilité psychique les rendant vulnérables, qui se sentent à risque d’être maltraités, agressés par d’autres, et qui nécessitent, du fait de leur situation, de leur souffrance, de leurs troubles mentaux, et de leur repli, des soins sous une autre forme.

 

En nous inspirant d’un travail de thèse à propos de la création d’un accueil d’une population de détenus atteints de troubles mentaux au SMPR de Nantes, nous avons mis en place un accueil hebdomadaire à l’unité sanitaire, proposé à des patients repérés comme vulnérables. Le recrutement des patients est discuté en amont. Nous leur faisons alors parvenir en cellule des cartons d’invitation afin de constituer un groupe qui sera accompagné par deux soignants. Nous sommes ensemble pendant une heure et nous leur proposons d’échanger autour d’une boisson chaude, mais également des jeux de société, de l’écoute musicale, des loisirs créatifs, de la lecture, etc. Ce temps a été pensé pour permettre à ces détenus une sociabilisation, et nous nous sommes aperçus qu’il permet également de faciliter les soins pour certains. Cet accueil a été initié avec des objectifs modestes. Nous avons commencé en juin 2019 avec des groupes de deux patients et travaillons à ce jour avec des groupes de huit. La moyenne du taux de présence par rapport au taux d’invités est d’environ 65 %, ce qui nous apparaît satisfaisant.

Nous avons constaté que malgré l’enfermement, la convivialité de ce moment de soin apporte aux participants une forme de liberté, comme l’a dit un des patients : « être ce temps-là ailleurs ». Certains nous ont confié que c’est par ce biais qu’ils « s’évadent ».

 

J. Sparfel, C. Rampi, L. Michel, J. Maguet. "Parenthèses". Un groupe d'accueil et de soins à l'unité sanitaire de Brest.
Poster parenthèse.pdf
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Psychiatrie enfermée?

Développer l’urgence et la liaison psychiatrique en milieu carcéral

Frédéric Boucher, infirmier d’urgence-liaison au SMPR de Lille-Annœullin,

Dr Bettina Belet, Dr Estelle Demeulemeester, psychiatres au SMPR de Lille-Annœullin 

 

En France, plus de 70000 personnes étaient incarcérées au 1er janvier 2020. La surreprésentation de l’ensemble des pathologies psychiatriques dans cette population est largement documentée, et 70 % des détenus souffriraient d’au moins un trouble psychiatrique ou d’un trouble de l’usage de substance. Une des conséquences principales à cette surreprésentation est le taux de suicide retrouvé dans les prisons françaises, qui est l’un des plus élevé d’Europe, et qui constitue la première cause de mortalité des personnes incarcérées.

 

Malgré ces constatations, l’inégalité d’accès aux soins psychiatriques entre milieu carcéral et milieu libre est régulièrement pointée du doigt par différentes instances françaises. Dans son avis publié en 2019, le Contrôleur général des Lieux de Privation de Liberté (CGLPL) dénonçait un « accès aux soins ambulatoires (…) très inégal » et constatait « de nombreuses difficultés rencontrées par les personnes détenues pour accéder à des soins psychiatriques ». Il soulignait de plus que « le personnel de surveillance est mal armé pour comprendre la maladie mentale et mettre en œuvre des modalités de prise en charge adaptées ».

 

Le centre pénitentiaire de Lille-Annœullin, siège du Service Médico-Psychologique Régional des Hauts de France, dispose depuis 2014 d’un dispositif unique en France : une équipe d’urgence-liaison psychiatrique. Constituée de 2 infirmiers travaillant en coordination avec un psychiatre et un psychologue, cette équipe mobile calquée sur le modèle des équipes de crise et d’urgence, a pour objectif de proposer une évaluation psychiatrique dans les 24 h, à la demande des détenus, ou après signalement par l’administration pénitentiaire, et de proposer une réponse rapide à toute situation de crise suicidaire ou d’urgence psychiatrique. Sa mission de liaison, à la fois au sein du SMPR, mais aussi à l’UHSA, permet de coordonner la prise en charge psychiatrique des personnes détenues, et d’assurer une égalité d’accès aux soins à l’ensemble des détenus de la prison d’Annœullin. L’objectif de ce poster est de proposer une description du fonctionnement et de l’activité de cette équipe d’urgence-liaison depuis sa création.

F. Boucher, B. Belet, E. Demeulemeester. Equipe mobile d'urgence psychiatrique en prison. Retour sur 5 ans d'activité d'un dispositif unique.
Lille Urgence; Poster.pdf
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Étude des pratiques de prescriptions pharmacologiques dans une population de sujet en injonction de soins

R. Ryckebusch, T. Seguret. CHU de Lille

 

Contexte

Les soins pénalement ordonnés et l’injonction de soins en particulier constituent une porte d’entrée dans les soins en santé mentale. Les avancées concernant la prise en charge des patients concernés par cette mesure sont très importantes. En revanche sa connaissance par les psychiatres, principaux acteurs sanitaires de ce dispositif, est jugée insuffisante dans la littérature. Paradoxalement peu d’études s’intéressent spécifiquement à l’injonction de soins, et aucune au moment de la réalisation de cette étude n’étudie les pratiques de prescriptions de psychotropes dans ce cadre.

Méthode

Réalisation d’une étude épidémiologique observationnelle transversale multicentrique réalisée sur un échantillon de dossiers de médecin coordonnateur dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais; dont l’objectif principal est la quantification des non-concordances des pratiques de prescriptions de psychotropes avec les recommandations de bonnes pratiques.

Ensuite une comparaison statistique des troubles psychiatriques et des psychotropes prescrits entre les sujets en injonction de soins et la population générale est réalisée, dans le but de tester la spécificité de ce taux de non-concordance.

Résultats

Sur les 91 dossiers éligibles, 82 furent analysés retrouvant un défaut de concordance entre les psychotropes prescrits et les recommandations de bonnes pratiques dans 25,6 % des cas (0,256 IC95 [0,162; 0,350]). Parmi ceux-ci le défaut de prescription d’antidépresseurs (0,146 IC95 [0,070; 0,222]) et celui de traitement hormonal modulateur de la libido (0,061 IC95 [0,009; 0,113]) sont les plus fréquents. Alors que le motif de non-concordance le plus fréquent est « sans raison retrouvée » (0,085 IC95 [0,025; 0,145]) devant le refus du patient, et les contre-indications médicales.

Les patients sous injonction de soins ont bien plus de troubles mentaux (93,9 %) que la population générale (20 %) (p= 6.5E-55) mais ne font pas l’objet de plus de prescriptions que cette dernière (25,6 % contre 21,4 % p>0,05).

Conclusion

Cette étude, en plus de fournir de nouvelles données épidémiologiques inédites concernant les sujets en injonction de soins, constitue un argument quantitativement objectivable en faveur d’un renforcement de la formation médico-légale des acteurs des soins en santé mentale.

R. Ryckebusch et T. Seguret. L'injonction de soins, 20 ans après sa création : Etude des pratiques de prescriptions pharmacologiques.
Poster _ L'Injonction de soins 20 ans ap[...]
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Historique des Journées des Secteurs de Psychaitrie en Milieu Pénitentiaire depuis 1989
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